top of page

mardi 15 septembre - 19h

  • il y a 13 heures
  • 3 min de lecture

Table ronde 

avec Ariella Aïsha Azoulay 

La Palestine est là où elle a toujours été

Elle sera en discussion avec plusieurs personnes invitées pour l'occasion : Ghosoun Qtifan, Marine Rouch, Samir Arabi, Mathilde Chèvre, Farah Chami, Mira Abualzulof, Karam Al-Kafri, Nour Alrabie.


Une rencontre exceptionnelle, sous une forme inattendue, un échange entre Ariella Aïsha Azoulay et plusieurs personnes d'horizons différents, étant originaires ou pas de Palestine mais ayant toutes un lien avec. Un échange autour de photos sionistes des années 48-50 collectées par Ariella Aïsha. 


***Le lundi 14, la veille, elle sera reçue par la librairie Terra Nova autour de son dernier livre paru aux éditions Terrasses.


La Palestine est là…où elle a toujours été

par Ariella Aïsha Azoulay

 

"Le génocide à Gaza et son soutien par les pays occidentaux – à l’encontre de l’opposition massive des manifestants et militants dans le monde entier - nous oblige à regarder sa genèse au lendemain de la deuxième guerre mondiale, lorsque le monde occidental, par le biais de l’ONU qu’il venait de créer, a décidé de sacrifier la Palestine afin de « résoudre » ce dont l’Europe avait défini depuis longtemps comme le « problème juif. »  

Des images photographiques prises en Palestine en 1948-50 seront posées au centre d’une table. Le génocide en cours, comme ça a été souvent répété, est largement documenté, et ces images sont accessibles à ceux et celles qui résistent la complicité du media et cherchent à en témoigner. Cependant, le génocide qui a initialement détruit la Palestine vers la fin des années 40, nous dit-on, a eu lieu sans images. Est-ce vrai ? Est-ce possible ? Ou est-ce leur quasi-absence qui permet de ne pas voir que la violence génocidaire contre la Palestine n’a pas cessé depuis 1948 ? Dans son célèbre livre Les Palestiniens – La photographie d’une terre et de son peuple de 1839 à nos jours (Hazan, 2004) Elias Sanbar atteste qu’il n’y que « neuf images pour 800,000 manquantes » et décrit ceci comme un double exile – du pays et de la visibilité, un exile au « territoire du déni de l’existence. » Ce manque est remplacé, Sanbar précise, par des images de l’arrivée des Palestiniens dans les pays voisins, images prises pour la plupart par les agents de l’UNRWA. Peut-on imaginer qu’une destruction à l’échelle d’un pays puisse passer inaperçu ? Est-ce possible que ce que les Palestiniens et les Palestiniennes ont vécu comme la destruction de leur monde se soit évaporé des nombreuses images prises en Palestine au même moment ? Ces « images manquantes, » ont pourtant été prises. Comment expliquer cette contradiction ? 

Une violence onto-épistémologique a été nécessaire pour que ces images de destruction continuent à être célébrées par l’Occident comme la rédemption du « peuple Juif » par la même Europe responsable de l’Holocauste qui lui a « donné » un État. Une idéologie coloniale de la photographie a pu être mise en place avec beaucoup de violence pour faire croire que les photos appartiennent à ceux qui ont tenu les appareils photo dans leurs mains ou aux institutions qui les ont acquis et non pas aux personnes photographiées aussi. Tandis que l’identité du photographe est importante (la plupart étaient des photographes Sionistes) elle ne détermine pas toute seule ce qui s’inscrit dans l’image photographique – les personnes photographiées sont des acteurs et actrices à part entière, aussi bien que les spectateurs et spectatrices qui interagissent avec eux et elles. 

Regarder ensemble ces photos prises en Palestine à la fin des années 40, on peut voir le génocide en cours à travers la matrice du colonialisme de peuplement qui, vers la fin des années quarante, a défini les Palestiniens et les choses Palestiniennes comme exterminable, et le monde juif musulman – au Moyen Orient et au Maghreb – sacrifiable pour mener à bien ce projet sioniste génocidaire.


La plupart de ces images ont été récolté dans les archives sionistes et exposées annotées à la galerie Mosaic Rooms à Londres en 2011 et ont été imprimées dans un livre que j’ai publié sous le titre : From Palestine to Israel – A Photogrpahic Records of Destruction and State Formation 1947-1950"



 
 
 

Commentaires


LOGOS-VECTORISES-PH.png
bottom of page