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vendredi 13 mars - 19h

  • 23 févr.
  • 3 min de lecture

Pınar Selek présente son dernier livre Lever la tête, La recherche interdite sur la résistance kurde (Éditions Université Paris Cité, 2026)


Discutante : Katy Barasc


À travers ce récit, l’enseignante-chercheuse franco-turque Pınar Selek retrace la recherche qu’elle a menée, au péril de sa vie, sur l’origine du mouvement de résistance kurde. Arrêtée par les autorités turques après la formulation de ses premières conclusions et sommée de livrer l’identité de ses sources, elle a été emprisonnée de 1998 à 2000 et soumise à la torture. Contrainte à l’exil, elle s’est réfugiée en France en 2011, où elle a obtenu l’asile académique. Depuis plus de vingt-cinq ans, malgré quatre acquittements successifs, son combat contre la violence politico-judiciaire se poursuit, faisant de ce livre un acte de résistance intellectuelle et un manifeste en faveur de la liberté de penser.


Pınar Selek née le 8 octobre 1971 à Istanbul, est une sociologue, conteuse, écrivaine et militante antimilitariste et écoféministe turque. Vivant en France depuis 2011, elle a obtenu la nationalité française en 2017.


Communiqué du SNESUP-FSU en soutien à Pinar Selek

Depuis 27 ans, la sociologue, écrivaine et militante féministe Pınar Selek fait face à une persécution politico-judiciaire

sans précédent orchestrée par les autorités turques du fait même de ses travaux de recherche. Arrêtée le 11 juillet 1998 à Istanbul alors qu’elle menait des enquêtes sociologiques sur le mouvement de résistance kurde, elle fut incarcérée pendant plus de deux ans et torturée pour avoir refusé de divulguer les noms des personnes qu’elle avait interviewées.

Peu après, on l’accusa arbitrairement d’être impliquée dans l’explosion du marché aux épices d’Istanbul, explosion qui causa sept morts et plus d’une centaine de blessés, et que plusieurs expertises indépendantes ont établi comme un accident de gaz, non un attentat. Libre en 2000 faute de preuves, Pınar Selek fut néanmoins poursuivie inlassablement, elle fut acquittée à quatre reprises — en 2006, 2008, 2011 et 2014 — en l’absence de preuves crédibles, mais à chaque fois les acquittements furent annulés ou des appels jugés et menèrent à de nouvelles procédures. En 2022, la Cour suprême turque a annulé le dernier acquittement, rendant exécutoire une condamnation à la prison à perpétuité et une demande d’extradition assortie d’un mandat d’arrêt international émis à son encontre.

Cette affaire illustre une attaque systématique contre la liberté académique et le droit de mener des recherches critiques et engagées sans subir de persécution judiciaire. Pınar Selek a consacré sa vie à produire des savoirs sur les marginalités sociales, les violences structurelles, les minorités et les mouvements de résistance — un travail intellectuel étroitement lié à des engagements féministes, antimilitaristes et antiracistes. Que cette chercheuse soit poursuivie depuis près de trois décennies pour des motifs fabriqués politiquement est une atteinte directe à l’éthique scientifique, à la liberté d’expression et à l’autonomie de la recherche.

Nous nous réjouissons du lancement du livre Lever la tête. La recherche interdite sur la résistance kurde (Éditions Université Paris Cité) le 16 février 2026 au Grand Amphithéâtre de l’Université Paris Cité. Pınar Selek revient sur une recherche qu’on a tenté de lui interdire, sur la violence politique dont elle fut victime, et sur les conséquences d’un acharnement judiciaire qui a voulu à tout prix étouffer des savoirs critiques. Cet ouvrage constitue non seulement un témoignage, mais une contribution intellectuelle essentielle au débat sur les droits humains, la sociologie critique et les conditions de production des savoirs. Il s’agit d’une œuvre qui mérite d’être lue, diffusée et défendue.

La mobilisation pour Pınar Selek est d’autant plus urgente que la prochaine audience de son procès est prévue le 2 avril 2026 à Istanbul. Le SNESUP-FSU affirme sa solidarité en signant ce communiqué et en appelant nos pairs à se joindre à nous pour exiger l’arrêt immédiat des poursuites, la levée des mandats d’arrêt, la reconnaissance de son innocence, et la restauration pleine et entière de sa liberté académique. La défense de Pınar Selek, c’est la défense de la liberté de penser, de chercher et d’écrire sans intimidation ni répression.

Paris, le 16 février 2026



 
 
 

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